
Comment arrêter de regarder le clavier en tapant
Presque toutes les personnes qui tapent lentement ont la même habitude : leurs yeux font l'aller-retour entre l'écran et les touches. Chaque trajet coûte une fraction de seconde, et il y en a des centaines dans une page de texte. Pire encore, pendant que vous regardez les touches, vous ne voyez pas vos fautes, donc vous les découvrez tard et les corrigez lentement. Se défaire de cette seule habitude améliore en général la vitesse plus que tout autre changement.
Pourquoi vous baissez les yeux
Vous regardez parce que vos doigts ne savent pas encore où se trouvent les touches, et que vos yeux sont un secours fiable. Ce secours est le problème. Tant que les yeux se chargent de chercher, les doigts n'ont jamais besoin d'apprendre. Regarder ne veut pas dire que vous tapez mal. Cela veut dire que vous avez appris à vue, comme presque tout le monde, et que personne ne vous a dit d'arrêter.
Il y a aussi une question de confort. Taper à l'aveugle donne un sentiment d'incertitude au début, et un coup d'œil rapide le fait disparaître. Chaque coup d'œil est une petite récompense, ce qui explique que l'habitude soit tenace.
Ce que vos mains doivent savoir d'abord
Vous ne pouvez pas cesser de regarder tant que vos mains n'ont pas un point de départ fixe. Ce point, c'est la rangée de repos. Posez les doigts de la main gauche sur Q, S, D et F, et ceux de la main droite sur J, K, L et M. Les touches F et J portent un petit relief pour que les index les trouvent au toucher.
À partir de là, chaque touche appartient à un doigt, et ce doigt revient à sa place après l'avoir pressée. Si vos mains flottent librement au-dessus du clavier, elles n'ont aucun repère et vous aurez toujours besoin de vos yeux. Si elles reviennent sur la rangée de repos après chaque mouvement, chaque touche se trouve toujours à la même distance et dans la même direction, et cela, une main peut le mémoriser.
Un plan sur deux semaines
Jours 1 à 3 : la rangée de repos seulement
Travaillez uniquement les huit touches de repos, plus G et H. Gardez les yeux sur l'écran et tapez lentement. Quand vous pressez la mauvaise touche, ne regardez pas. Cherchez du bout des doigts les reliefs de F et J, replacez vos mains et recommencez. Dix minutes par jour suffisent.
Jours 4 à 8 : ajoutez la rangée du haut, puis celle du bas
Ajoutez la rangée supérieure, puis la rangée inférieure, quelques touches à la fois. Dites la lettre en silence au moment de la presser. Cela paraît enfantin, mais cela relie la lettre au mouvement et non à l'image du clavier.
Jours 9 à 14 : de vrais mots et de vraies phrases
Passez à du texte ordinaire avec des majuscules et de la ponctuation. Votre vitesse sera bien inférieure à celle que vous atteignez en regardant. C'est attendu. Tenez la règle malgré tout : les yeux sur l'écran, à chaque fois.
Des astuces qui facilitent les choses
- Couvrez vos mains. Posez un tissu léger ou une feuille de papier sur vos mains, ou glissez le clavier sous une tablette basse. Si regarder est impossible, l'habitude n'a plus rien pour se nourrir.
- Relevez l'écran. Quand l'écran est à hauteur des yeux, baisser le regard demande un mouvement de tête plus ample et vous vous en rendez compte.
- Lisez le texte à venir. Donnez un travail à vos yeux. Lire un ou deux mots en avance sur celui que vous tapez les occupe et rend votre frappe plus régulière.
- Tapez dans la pénombre un instant. Une ou deux minutes avec peu de lumière vous montrent tout ce que vous savez déjà au toucher. La plupart des gens sont surpris.
- Utilisez un clavier affiché à l'écran. Si vous oubliez où se trouve une touche, regardez un schéma à l'écran et non vos mains. Vous vous repérez sans enfreindre la règle.
Que faire quand vous vous trompez
L'envie de regarder est la plus forte juste après une faute. Résistez et servez-vous du toucher. Faites glisser vos index jusqu'aux reliefs, puis réessayez la touche. Si vous échouez trois fois de suite, arrêtez-vous, consultez un schéma du clavier et répétez cette touche lentement dix fois.
Ne poursuivez pas la faute à pleine vitesse. Pendant l'apprentissage, les fautes sont des informations : elles montrent quelles touches vos doigts n'ont pas encore situées. Notez les deux ou trois qui reviennent le plus et accordez-leur un travail supplémentaire le lendemain.
Attendez-vous à ralentir d'abord
Pendant la première ou les deux premières semaines, vous taperez plus lentement qu'avant, parfois moitié moins vite. C'est là que la plupart des gens abandonnent, parce qu'ils ont du vrai travail à faire et que l'ancienne méthode est plus rapide aujourd'hui. Un compromis réaliste consiste à taper correctement pendant l'entraînement et pour les textes sans urgence, et à vous autoriser l'ancienne méthode quand une échéance approche. Réduisez les exceptions chaque semaine jusqu'à ce qu'il n'en reste aucune.
La plupart de ceux qui s'entraînent dix à quinze minutes par jour dépassent leur ancienne vitesse en un à deux mois, puis continuent de progresser, ce que la méthode à deux doigts n'a jamais permis.
Les touches qui restent difficiles
Les chiffres, les symboles et les lettres rares sont les derniers à se fixer. C'est normal, car vous les pressez moins souvent. Consacrez-leur de courtes séances à part. Il n'y a rien de grave à jeter encore un œil sur un symbole inhabituel au bout d'un mois. Le but est que les lettres, la barre d'espace, Maj, Entrée et Retour arrière ne demandent plus du tout les yeux, puisqu'elles représentent presque tout ce que vous tapez.
Comment savoir que cela a marché
Vous avez perdu l'habitude quand vous remarquez une faute à l'écran au moment où elle se produit, et non une ligne plus tard. Autre signe : vous pouvez continuer à taper en lisant un document posé à côté de vous, ou en regardant quelqu'un qui vous parle. À ce stade, vos yeux sont libres pour le travail lui-même, ce qui était le but depuis le début.